samedi 19 décembre 2015

Lecture : Le bélier noir

"Le bélier noir" de Michel Quint

Publié chez RIVAGES/THRILLER
sorti en 1994

Michel Quint a reçu le Grand Prix de Littérature Policière pour Billard à l'étage (même éditeur).

4e de couv…

« Sur les peintures rupestres préhistoriques, les dieux ont les pieds en dedans et le sexe au vent. Et Norbert Loisel pense que, vu son physique, il pourrait bien être un dieu, ici-bas.
En fait, cet ancien journaliste sportif est camelot. Sur les marchés lillois, il vend des oiseaux de carton à colorier et n’est pas vraiment la coqueluche de ces dames. Sa femme, Laura, une comédienne d’avant-garde, l’a quitté ; sa maîtresse, Eugénie, la marchande de bonbons, lui bat froid. Son amour d’enfance, Odette Voel, semble avoir été la victime d’un meurtre rituel : on a retrouvé son cadavre saigné à blanc dans une usine textile désaffectée ; la tête coupée a été mordue aux pommettes. Mais est-ce bien l’Odette d’autrefois ? Et pourquoi cette barbarie antique ?
La quête de Norbert va progresser au rythme des lettres de son fils, parti sur les traces du Voyage en Orient de Nerval, et de la chronique du petit monde des marchés, où se produisent d’étranges phénomènes (marchandises avariées, maladies subites, mort d’un bélier). Très vite, Norbert comprend qu’on ne sort jamais indemne des tragédies, même si l’on est un dieu. »

J’ai sacrément aimé…

Et vous aussi, si vous aimez le roman noir, vous allez adorer ! Parce que ce livre-là est sacrément noir, comme le bélier de son titre, comme une tragédie antique.
Parce qu’il s’agit bien d’une tragédie, en dépit de la modernité de l’écriture. D’abord celle du héros, Norbert Loisel, qui narre son histoire avec une voix qu’on imagine grave, rauque, cassée par l’alcool et le tabac, avec des mots qui roulent comme des galets charriés par la rivière du temps.
Si tout commence par l’acte final, le meurtre rituel d’Odette Voel, les autres personnages ne tardent pas à se mettre en place, remontant le fil du passé, et à tracer l’arbre généalogique d’une famille, celle des camelots ; parce que les tragédies ont toujours une base familiale.
Entre les forains, Ariel, le clochard qui vend ses prédictions contre un verre d’alcool, Laura, l’ex-épouse qui monte des spectacles de plus en plus provocateurs, Valentin, le fils en quête d’une aventure romanesque sur les traces de Nerval, se tisse une toile à la trame serrée dont on ne découvrira les motifs qu’à l’ultime chapitre.
Pour moi, à n'en pas douter, ce Bélier noir est un sacré bouquin !
Enregistrer un commentaire