Raton Râleur

La Danse de Fôkuls




Le printemps n’est pas encore là que déjà commence, pour nos amis à plume, le moment de faire la roue, de se montrer sous son meilleur jour, d’esquisser les premiers mouvements de la danse nuptiale.



Pour nos emplumés de très basse cour, c’est la danse des Fôkuls !

Chaque spécimen la mène selon un pas qui lui est propre, sous un tempo particulier.

Prenons Benoît Hamon, par exemple : il se disait prêt à discuter avec Mélenchon, mais depuis la primaire, il faisait la sourde oreille… pour se réveiller maintenant, comme par hasard, après la décision de Bayrou de rejoindre Macron. Eh oui ! Il aurait préféré Bayrou comme allié, mais à défaut de grives, on mange des merles ! Mélenchon a eu beau lisser son discourt et son personnage public, il faut croire que ce n’était pas suffisant pour qu’il devienne autre chose qu’un plan B.

Quant à Bayrou, l’éternel cancre des présidentielles, ex-grand ami de Juppé, s’il a porté son choix vers l’ex-Ministre de l’économie, ce n’est pas pour faire un club des ex, Hamon ou Valls auraient pu faire l’affaire, mais sans doute tente-t-il de miser sur le meilleur cheval. Jusqu’à présent, on ne peut pas dire que ses choix aient été franchement judicieux. Va-t-il porter la poisse à Emmanuel Macron ?

Tiens, parlons-en, de celui-là ! Un sacré coq, ce Macron, parmi la volaille présidentiable. À mon avis, tout comme son ex-collègue et actuel adversaire Manuel Valls, ils ont eu Jacques Dutronc pour leur chanter des berceuses. Ils ont grandi tous deux en étant persuadés que retourner sa veste est une manière d’être des plus naturelles. La danse des Fôkuls, ils en connaissent tous les pas et peuvent la pratiquer avec n’importe quel partenaire, en tournant à volonté de gauche à droite, ou de droite à gauche. Être capable de dire tout et son contraire avec la même conviction, non, vraiment, je leur tire mon chapeau !

La dernière à se faire remarquer sur la piste, tant elle essayait de rester discrète les semaines précédentes, c’est Marine Le Pen ! Elle a carrément refusé de se présenter à une convocation de la justice… arguant qu’en période préélectorale, une trêve était de rigueur ! C’est marrant, on ne l’a pas entendu invoquer cela pour défendre son adversaire de Parti républicain. Il est vrai que tant que les caméras étaient braquées sur lui, elle avait peut-être le sentiment d’être intouchable. Ils ont au moins cette chose en commun, ces deux oiseaux, Fillon et Le Pen − ils en ont pas mal, en vérité, mais restons concentrés ! −, ils s’accrochent ! Les casseroles format collectivité qu’ils se trimballent ne les empêchent pas de ramer comme des forçats pour garder le cap, le regard droit sur la ligne d’horizon présidentielle !

Parce qu’ils savent que s’ils passent en force, s’ils sont élus malgré tout, ils seront tranquilles ! Et si ça se trouve, ils mijotent même de tricoter une petite loi, une fois au pouvoir, leur permettant de garder une immunité permanent…

C’est vrai, ça ! Ils n’ont pas été assez loin, leurs prédécesseurs. L’immunité parlementaire et tout ça, c’est un bon début, ça les protège et leur permet d’envisager sereinement toutes les magouilles, les détournements de fonds public et autres malversations qu’ils prévoient déjà de faire avant même d’avoir vraiment goûté au pouvoir, mais il faut penser à l’après ! Non, ce n’est pas suffisant ! Il faut étendre l’immunité des hommes politiques à vie, et ce, depuis l’entrée à l’ENA.

Sinon, ça sert à quoi de rentrer dans la très basse cour ?


 

La publicité est-elle nocive pour la pensée ?

 

Je ne sais pas vous, mais moi, la publicité à la télévision, j’ai de plus en plus de mal à supporter. Les plus de quarante ans se souviennent peut-être d’une époque, les années 80, début des 90, ou cette industrie mercantile était presque considérée comme le 8e art. Les créatifs de tout poil s’en donnaient à cœur joie, et les spots rivalisaient d’inventions, d’extravagances et de délires joyeux… Bien sûr, les fabricants avaient déjà le même but, celui de vendre leurs produits. Bien sûr, ils nous prenaient déjà pour des cons ! Mais on s’en foutait parce que c’était beau, ludique, surprenant. Parce qu’il soufflait sur ces années-là un vent de liberté qui s’engouffrait jusque dans les couloirs des agences de communication. Beaucoup de cinéastes se sont fait les dents dans ce secteur, en ce temps. Mais trêve de nostalgie, la publicité a toujours été ce qu’elle est encore aujourd’hui : un « pousse à la consommation » qui ne recule devant rien pour nous faire croire qu’on a besoin de ce qu’elle nous montre.
Alors quelles différences entre hier et aujourd’hui, me direz-vous ?
Eh bien, d’abord, elle est beaucoup moins amusante et de plus en plus envahissante. Mais ça, passe encore. Rien ne vous empêche de vaquer à quelque occupation durant ces interminables pages de pub. Et selon la chaîne que vous vous disposez à regarder pour remplir votre soirée, vous pouvez en faire, des choses, durant cette pose commerciale…
Sauf que bien malgré soi, de temps à autre, on est bien obligé de subir ces attaques à notre libre arbitre, à notre capacité de choisir, de penser, et même de désirer…
Parce qu’aujourd’hui, la publicité ne joue plus la carte de la créativité, mais le jeu des clichés les plus éculés pour faire de vous le parfait consommateur bien dans la norme.
La norme ! Voilà le mot lâché ! Et de quelle norme parle-t-on ? De la même qui nous enferme depuis des générations dans un mode de pensées bâti autour d’une vision judéo-chrétienne de la société.
Vous n’êtes pas convaincu ? Alors voici quelques exemples de clichés même pas déguisés qui semblent avoir un siècle de retard :
Prenons la lessive… Ah ! Donner envie avec de la lessive, ce n’est pas facile, je le conçois. Mais là, pour le coup, le cliché est flagrant : la lessive, c’est le domaine de Madame, et Monsieur est bien incapable de faire tourner une machine à laver ! Enfin, heureusement, la technique est là pour pallier ses incompétences, puisqu’aujourd’hui, même son enfant encore à l’école primaire est capable de mettre en marche cet appareil. Quand je dis « enfant », il s’agit de sa fille, bien entendu. Si l’on admet que bientôt, grâce à la technologie, l’homme sera autonome en ce qui concerne le soin du linge, inutile de préparer les jeunes garçons à une tache qui est, c’est connu, l’apanage de la gent féminine… Au moins attend-on qu’il soit adolescent, mais là encore, c’est maman qui lui transmet son savoir, puisque papa ne sait pas faire la lessive…
Doit-on en conclure que ce genre de produits ne concerne pas les hommes célibataires, par exemple ?




Bien sûr que non, mais simplement, l’homme n’est pas le « cœur de cible. »
Eh oui ! Nous autres, consommateurs, sommes des cibles ! Et pour le publicitaire, il s’agit de viser juste !











Bon, mais assez parlé lessive. Continuons un peu notre chasse aux clichés. Je vous rassure, on ne va pas tous les passer en revue, ce serait trop long. Prenons-en quelques-uns au hasard, ou du moins, selon ce qui me vient en tête.
Les parfums, tiens ! Le parfum est lié à la séduction, difficile de le nier. Mais dans la pub, que vous soyez homme ou femme, quelle que soit la fragrance que vous portez, il devient une arme plus redoutable que l’exhalaison subtile des fleurs carnivores. Vos proies se jettent sur vous plus certainement qu’avec un philtre d’amour… L’efficacité de ces deux produits ne tient pourtant que dans la foi du crédule qui les emploie. Mais les clichés ont la vie dure, et les marchands de rêve ont encore de beaux jours devant eux.
Il y a un secteur où, si l’équité n’est pas parfaite, la femme a pris une place beaucoup plus importante que dans le passé : l’automobile. Eh oui ! Les femmes aussi consomment de l’automobile… Mais pour une majorité de marques, que voit-on ? Aux hommes, le modèle qui valorisera leur virilité, aux femmes celui qui est pratique (pour les courses, la famille…) ou facile à utiliser (assistance au stationnement, par exemple). Et bien sûr, pour vendre des véhicules à vocation familiale, on nous montre une gentille famille qui irradie de bonheur, parfait exemple de l’image défendue par les coincés du goupillon de la manif pour tous et la bien nommée Frigide Barjot…




















Allez ! Un petit dernier, pour la route ? Puisqu’on en était à la famille, parlons un peu du cadre de vie… Tous ces gens que les publicitaires mettent en scène pour nous vanter les mérites de tel ou tel produit si indispensable, que représentent-ils ?
Vous ? Moi ?
Moi, certainement pas. Vous ? Je ne sais pas. Cela dépend de vos revenus, entre autres. Mais ils ne représentent en tout cas pas la majorité, qui est loin d’être aussi aisée que les personnages qu’on nous montre à longueur de spot. Avez vous déjà vu une publicité qui se passe dans un appartement de HLM ? Non ! Ça ne fait pas rêver…
De même, si aujourd’hui la publicité politiquement correcte s’attache à nous présenter des gens qui ne sont pas forcément issus d’une ethnie européenne, ces personnes « de couleur » ne ressemblent en rien à ceux que la société bien pensante montre du doigt et repousse à la périphérie de la ville.
C’est bien là le premier cliché, cette société idéale dans laquelle tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil… et riche, en bonne santé, actif jusqu’au crépuscule de son existence… Et avide de posséder !
La prochaine fois que vous regardez un spot de publicité, essayez d’y superposer les images de la réalité, celles de votre quotidien, de votre quartier, de votre famille…
Et posez-vous cette question : si les publicitaires nous prennent pour des cons, n’est-ce pas, au fond, parce qu’on l’est un peu, d’accepter sans broncher la poudre aux yeux dont ils nous inondent ?


 

Lettre ouverte à Monsieur Augustin Trapenard

Suite à l'émission du vendredi 18 mars dont vous trouverez la vidéo ici, je réponds à Augustin Trapenard.



Monsieur Augustin Trapenard,
Ce vendredi 18 mars, dans l’émission « Le Grand Journal », diffusée sur l’antenne de Canal Plus, vous nous donnez les trois raisons pour lesquelles vous n’irez pas au Salon du livre…
Vous trouvez que le « Livre Paris » est devenu cette année un salon politique ; vous déplorez qu’on y rencontre plus les acteurs politiques venus vendre leur dernier ouvrage que la véritable littérature.
Vous nous dites aussi, et c’est pour vous la raison principale, que ce genre de manifestations est un lieu d’humiliation pour les auteurs peu ou pas connus qui se retrouve coincés entre d’autres, poussés sur le devant de la scène par leurs éditeurs.
Sur ces deux points, je ne peux qu’être d’accord avec vous. Faire du Salon du livre une vitrine pour les hommes politiques déjà en campagne n’est pas ce que j’attends de ce qui devrait être une grande fête culturelle, et je sais, par expérience, que de rester des heures à attendre qu’un lecteur s’intéresse à votre roman dont personne n’a entendu parler est une épreuve douloureuse.
Là où je ne vous suis plus, Monsieur Trapenard, c’est lorsque vous reprochez une trop forte présence des auteurs indépendants.
Les auto-édités et auto-publiés souffrent d’un manque de visibilité par rapport à ceux sous contrat avec une maison d’édition. Même sur Amazon, une des premières plates-formes de l’auto-édition, ils ne sont pas mis en avant. N’importe quel libraire (et Amazon, quoi qu’on en dise, en fait partie) sait très bien que le gros des ventes se fait sur les auteurs dont on parle. Les auto-édités n’ont généralement aucune couverture médiatique, et vous êtes bien placé pour le savoir, à ma connaissance (mais j’avoue ne pas avoir vu l’intégralité de vos passages télé) vous n’avez jamais parlé d’un auteur indépendant. Alors, se plaindre de leur présence dans un salon du livre me semble un peu exagéré. N’ont-ils pas le droit, eux aussi, d’être lus ?
Vous nous dites que pour vous l’auto-édition est une trahison, une catastrophe ! Qu’elle tue les petits métiers !
Et vous citez les éditeurs, les traducteurs, les correcteurs et les libraires…
N’avez-vous pas l’impression que le métier d’éditeur a bien changé ?
N’avez-vous pas l’impression que ce sont les éditeurs eux-mêmes qui ont tué bien des métiers ?
À commencer par les comités de lecture réduits à la portion congrue, ce qui fait que beaucoup de manuscrits ne sont même pas lus. Certains éditeurs font d’ailleurs leur marché chez les auto-édités, attendant qu’une œuvre fasse suffisamment de vente avant de s’intéresser à l’auteur.
Ils emploient aussi beaucoup moins de correcteurs. Il y a qu’à voir le nombre de coquilles qu’on trouve dans certains livres, pourtant sous couverture d’une grande maison… Et si les auteurs indépendants n’ont pas toujours les moyens de faire appel à leur service, ça ne veut pas dire qu’ils ne le font jamais. Témoin le nombre d’échanges via les réseaux sociaux.
Les traducteurs ? Je ne crois pas que les auto-édités mettent leur métier en péril. Si un de leurs livres rencontre assez de succès, rien ne les empêche de se tourner vers un traducteur. D’ailleurs, les maisons d’édition font-elles traduire un roman d’avant d’être sûres de ces possibilités de vente à l’étranger ?
Les libraires ? Là non plus, il ne faut pas accuser les auteurs indépendants de leur disparition. Certes, les auto-édités utilisent les grandes chaînes de distribution, mais ils font aussi le tour des petits libraires pour leur proposer leurs ouvrages en dépôt-vente. Et là, les libraires (ils sont nombreux à accepter) ne prennent pas trop de risque, puisqu’ils prennent leur marge (30 %) et ne paient le livre qu’une fois vendu…
Les imprimeurs ? Vu le nombre d’ouvrages publiés par les maisons d’édition, je ne suis pas sûr que les indépendants leur fassent beaucoup de tort. D’ailleurs, certains imprimeurs investissent déjà le créneau de l’auto-édition en proposant des services spécifiques. D’autre part, quand on parle d’auteurs indépendants, on parle aussi de ceux qui se montent en maison d’édition pour leurs propres ouvrages, et font tirer quelques centaines d’exemplaires par un imprimeur près de chez eux. Il ne faut pas oublier que l’imprimerie est aussi un métier qui a connu des avancées technologiques, et que la fabrication d’un livre n’impose plus les mêmes contraintes qu’il y a seulement vingt ans.
Mais peut-être, Monsieur Trapenard, faites-vous partie de ces gens qui pensent que rien ne peut sortir de bon de l’auto-édition ? Qu’un auteur auto-édité est forcément un auteur refusé par les éditeurs ?
Alors certes, l’auto-édition, en permettant à chacun de voir aboutir un projet d’écriture, laisse la place à des œuvres médiocres, voire illisibles, bourrées de fautes d’orthographe, ou pire, avec une syntaxe désastreuse… Et comme bien des auteurs sortant leur premier roman n’ont pas les moyens de se payer un correcteur, beaucoup de premiers romans souffrent d’erreurs de jeunesse.
Mais d’autres méritent largement le succès qu’elles rencontrent, même si celui-ci est limité, par manque de couverture médiatique justement.
Et en parlant de cela, Monsieur Trapenard, j’ai le sentiment que si l’auto-édition avait connu son essor un peu plus tôt, il y a, disons dix ou quinze ans, on aurait certainement vu, sur une certaine chaîne cryptée à l’esprit un peu décalé, un peu à contre-courant, un chroniqueur littéraire se faire le héraut des auteurs indépendants.
Mais, peut-être me fais-je des illusions…



 

Folie sur l'orthographe

L'ignorance frappe encore sur les réseaux sociaux !

Oui, moi aussi, l'annonce de le mise en place à la rentrée prochaine de la réforme de l'orthographe m'a fait faire la grimace !

Mais un Raton Râleur digne de ce nom ne râle qu'à bon escient ! 

 Et que voit-on fleurir à chaque coin du web à propos de l'accent circonflexe ? 

Des exemples qui n'ont pas lieu d'être !
Car non, l'accent circonflexe ne va pas disparaître de tous les mots. Il sera toujours présent en particulier sur les mots qui ont un homonyme pouvant porter à confusion, comme sur et sûr, jeune et jeûne, par exemple.
Ces mots mêmes qui font réagir une grande partie des internautes qui se sont dépêcher de réagir sans vérifier au préalable ce dont ils parlaient.

Alors oui, cette réforme me fait tiquer. Non pas que je pense qu'elle soit inutile… Les langues sont en permanente évolution et je crois qu'il faut garder une certaine souplesse. Après tout, il y a quelques siècles, nos ancêtres parlaient un Français bien différent du nôtre ( nos ancestres parloient un François bien différent…) Et puis cette forme sera toujours enseignée, en tout cas à tous ceux qui se lanceront dans des études littéraires. De plus, les formes anciennes et nouvelles de certains mots modernisés continueront de coexister.
Certains choix me paraissent d'ailleurs judicieux, comme la suppression du trait d'union dans certains mots composés…

Mais il y a quand même une chose qui me chagrine…

Cette impression de renoncement !

Depuis des années, on nous dit que l'éducation française n'est pas au niveau et chaque réforme proposée est critiquée, rejetée, pour de bonnes ou mauvaises raisons… On tourne en rond et l'apprentissage paraît toujours plus difficile, incertain.
Alors cette réforme donne un peu le sentiment qu'on plie devant  les difficultés. Incapable de changer les méthodes d'enseignement, on simplifie celui-ci. Un peu comme si un sauteur à la perche renonçait à franchir les 3, 20 m. après avoir échouer au troisième essai. On nivelle par le bas !

Personnellement, je trouve ça dommage. Mais je ne condamne pas pour autant cette réforme dans son ensemble. Il faut savoir évoluer. Bouger, c'est vivre ! Rester planqué au fond de sa tanière, c'est vivoter ! Les priorités d'aujourd'hui ne sont pas celle d'hier, ce qui était bon il y a cent ans ne l'est plus forcément en 2016.
Tiens ! Ça me ramène à mon précédent papier ! Tous ces gens qui n'ont jamais connu autre chose que le clavier azerty et qui refusent d'essayer autre chose de meilleur, de peur de bouleverser leurs habitudes.
J'ai souvent fait le choix d'expérimenter ce qui n'est pas courant, ce qui est différent… Ça m'a parfois demandé des efforts, mais j'en suis toujours sorti enrichi.


Surtout, on ne bouge pas !

Il y a quelques jours, le gouvernement, par la voix du ministère de la Culture, annonçait vouloir lancer une étude pour la création d’un nouveau clavier, mieux adapté à la langue française que le vieux « azerty ».
Personnellement, j’ai envie de dire « il serait temps ! » Ça fait déjà un moment que j’ai laissé tomber l’« azerty » pour le « bépo ». Car, oui, l’alternative existe, et elle n’est pas nouvelle. Simplement, personne n’en parle, et les constructeurs se contentent de produire un clavier que tout le monde connaît. À ce jour, il n’y a qu’un seul fabricant qui propose des claviers « bépo », et comme la demande est faible, ils sont hors de prix.
Je ne vais pas vous démontrer tous les avantages de passer au « bépo », vous trouverez des détails là : http://bepo.fr/wiki/Pr%C3%A9sentation


Ce qui me fait réagir, ce sont deux choses. La première vient d’une réflexion personnelle : le ministère de la Culture va dépenser quelques milliers d’euros sortis de la poche du contribuable pour une étude en vue de créer ce nouveau clavier… Or, ce genre d’étude a déjà été faite, et son résultat est le « bépo ». Il est vrai que nos gouvernants veulent aller plus loin en le rendant adapté aux particularités des langues régionales (Occitan, par exemple). J’ai un peu l’impression que c’est un alibi bien foireux pour faire passer le coût de cette étude. Je ne suis pas persuadé que ces particularités touchent suffisamment de monde pour la justifier. Promouvoir le « bépo », en le faisant utiliser dans les écoles, par exemple, me paraît une solution beaucoup moins coûteuse. De plus, ça inciterait les fabricants à mettre ce type de dispositif sur le marché, ce qui en ferait descendre le prix.
La deuxième chose qui m’a fait tiquer, c’est le résultat d’un sondage lancé par la chaîne de télévision M6 : 83 pour cent des personnes qui ont répondu sont contre un changement de disposition ! (7 pour cent ne se prononcent pas.) Je ne sais pas jusqu’à quel point ce panel est représentatif de l’ensemble des Français, mais je me demande combien, parmi ces 83 pour cent, connaissent autre chose que l’« azerty ». Je trouve tous ces gens bien frileux.
Sans même chercher à connaître ce que peut leur apporter une autre disposition, ils disent non ! Surtout, ne touchez pas à nos « azerty » !
C’est tout à fait raccord avec l’ambiance générale. Tout le monde se plaint du gouvernement, que les choses ne changent pas, n’évoluent pas… mais personne ne veut changer ses habitudes.
Ceci est vrai pour le clavier, comme pour tout le reste.




Les intégristes du libre



D’abord, parlons "libre"



Beaucoup de gens, fatigués de l’internet saturé de publicité, d’offres commerciales et autres attrape-nigauds, se tournent faire des solutions alternatives. Ce qu’on appelle le monde du libre…
Parmi ces solutions proposées, il existe un réseau qui, à la manière de Facebook, permet de dialoguer avec sa famille, ses amis, ou tout un chacun en dehors d’une sphère privée. Je parle de Framasphère* proposé par Diaspora*. Son objectif est d’offrir à ses utilisateurs un système décentralisé et sécurisé, respectant la vie privée de chacun. Je ne vais pas vous décrire son fonctionnement par le menu, là n’est pas mon propos.
Que, ou qui trouve-ton sur ce réseau ? Et bien comme sur tout autre réseau, un peu de tout, même si la grande majorité des utilisateurs sont des gens qui portent déjà un regard différent sur l’informatique en général et internet en particulier. Beaucoup ont également une vision du monde un peu plus critique que la majorité de nos concitoyens. Certains montrent même un engagement politique (au sens large) et utilisent ce réseau comme un vecteur d’opinions. On peut bien sûr filtrer ce qu’on y voit, ou rester en mode "public".


Et l’intégrisme, dans tout ça ?



Qui dit libre, dit liberté de paroles… En théorie, oui !
Mais on dirait bien que certains qui se revendiquent de cette mouvance qu’on espérerait ouverte, ont oublié ce qu’est l’esprit du libre.
J’ai croisé dernièrement un de ces individus. Il exposait en mode public ses idées concernant la politique de la France et la façon dont il conviendrait, selon lui, de pratiquer pour renverser l’autorité qui dirige le pays. Ses arguments, bien qu’à mon avis utopistes, n’étaient pas sans fondement, mais me paraissaient, dans le contexte, un peu irresponsables. Un réseau social étant destiné au dialogue, j’ai donc répondu à son post en expliquant la manière dont je voyais les choses, posément, sans colère ni insultes.
Sa réponse n’a pas été du même tonneau ! Cette personne m’a instamment prié de ne pas venir « pourrir son poste » en donnant mon avis. Je suis, d’après elle, un valet des médias collabo… J’ai senti une petite pointe de paranoïa quand il a utilisé à nouveau ce mot en affirmant que je l’avais traité de "collabo" du F.N., chose que je n’ai pas faite, mais qui n’est qu’une interprétation de mes propos. Je n’ai pas eu le loisir de m’en expliquer plus avant, ce monsieur ayant fait le nécessaire pour que je ne puisse plus m’exprimer sur son post…
Drôle de façon d’agir, pour une personne qui se revendique adepte du libre !
Et c’est là que j’en viens aux intégristes.
En effet, n’est-ce pas ainsi qu’agissent tous les extrémistes de tout poil ? D’abord en muselant l’opposition… Tous ceux qui ne pensent pas comme eux ne sont pas dignes de s’exprimer !
Que dire de ces gens qui prétendent combattre le F.N. et qui emploient les mêmes méthodes ? Quelle espèce de conscience politique ont-ils réellement ?
Comment pensent-ils rallier une majorité à leur cause s’ils ne comprennent pas que les idées ne s’imposent pas, elles se partagent.
Pour moi, quelle que soit la vision d’un monde meilleur qu’ils portent, en agissant de cette manière, ils ne valent pas plus que n’importe quel intégriste de par le monde.
N’oublions pas ! Les communistes aussi avaient une vision pleine de promesses pour le futur de l’humanité. On a vu ce que ça a donné dans tous les pays où ils ont pris le pouvoir !

 

Je n'aime pas trop parler de politique

Ça entraîne le plus souvent des discussions stériles, où chacun campe sur ses positions, sûr d'avoir raison, de détenir une part de vérité.

Dans mon village d'environ 2 000 âmes, 247 personnes ont voté pour la liste du Front National… Ce qui représente un peu plus de 27% des votes exprimés.
Parmi ces électeurs, il y en a certainement que je connais, peut-être même que j’apprécie. Ça laisse songeur !

Plus d'un a sans doute fait ce choix par dégoût, par déception de ce monde politique corrompu qui, depuis longtemps, est complètement déconnecté du monde réel. Ça, je peux le comprendre.
Et le pire, c'est que ce sont ces mêmes hommes (ou femmes) politiques qui ont amené à cette situation.

Mais quitte à rejeter les partis traditionnels, pourquoi ce vote ?

Nous avons dans le paysage politique français d'un côté des partis qui pensent qu'il est important de retrouver un équilibre entre l'humain et la nature, et de l'autre un parti qui ne prône que la haine…

Quel terrible choix que de vouloir donner encore plus de pouvoir à des gens qui n'apporteront qu'un peu plus de désespoir.

Devrait-on imposer dans les écoles l'étude des programmes politiques de tous les partis ?
Parce que malheureusement, je pense que la majorité des électeurs du F.N. n'ont jamais lu la moindre ligne de ce que ce parti propose. Si chacun prenait le temps d'étudier leurs textes, il verrait à quel point leur discours officiel est en contradiction avec leurs pensées profonde.

Et qu'on ne me dise pas que porter le F.N. au pouvoir ouvrira les yeux aux gens, parce qu'il sera trop tard. Le F.N. prendra des décisions lourdes de conséquences pour la liberté de tous les citoyens, il fera passer des lois que les autres partis n'ont pas osé proposer.
Par la suite, si un parti traditionnel, de droite comme de gauche, revient au pouvoir, croyez-vous vraiment qu'ils abrogeront les lois liberticides ?

Non ! Ils les utiliseront !

Pourquoi ?

Parce que tout ce que nous faisons contre l'individu renforce les positions de ceux qui détiennent le véritable pouvoir : ceux qui ont la puissance monétaire pour faire plier les gouvernements, au détriment de toutes les valeurs humaines, au nom du profit !

Alors, on peut rejeter les Hollande, Sarkozy et consorts, mais ne votons pas pour la défiance des uns envers les autres, pour le mensonge et la haine.

C'est par l'entraide, que nous nous en sortirons, pas par le rejet de l'autre !


 

Les personnages dans la pub sont des cons

 

Oui, je sais, dit comme ça, ça fait un peu brut de décoffrage, un peu trop tranché, mais après tout, je ne fais qu'utiliser les bonnes vieilles ficelles de la pub. Une image forte pour mieux capter le cerveau qui a du temps disponible pour se farcir leur bousin.

Bon, un exemple de personnage con.

Vous avez vu cette pub avec deux mères de famille et la gamine de l'une d'entre elles qui fait de la balançoire. L'autre, celle qui n'a pas d'enfant s'inquiète : « Tu es sûre que ce n'est pas dangereux ? » Et elle téléphone à sa conseillère en assurance… Une certaine Cerise, pour ne pas la nommer.

On a juste envie de lui dire une chose, à la mère de famille : Pauvre conne, si tu veux savoir si tu es bien assurée, c'est pas à l'assurance de ta copine, qu'il faut téléphoner, mais à la TIENNE !

 

Contrairement à une tarte aux pommes ou à une bouteille de Montrachet, un avis partagé gagne en volume.



Ils nous prennent pour des perdreaux de la semaine

Qui ça, "ils" ? Ben tous ces enfoirés qui veulent nous persuader qu'on est perdus sans eux, qu'il nous faut absolument utiliser leurs services, acheter le super-machin-truc pour seulement une petite fortune, sans quoi on est foutu, has been resté sur le quai, regardant s'éloigner le train d'une société qui avance sans nous.

Quoi c'est-y que je vois pas plus tard que récemment ? Un site qui propose pour une somme modique de rassembler en un même écran tous nos réseaux sociaux favoris. C'est-y pas beau, ça, pouvoir en un seul coup d'œil avoir les dernières nouvelles parues sur Facebook, Tweeter, Instagram et autres sites de partage en vogue ?
Sauf que :
  1. tous ses sites sont gratuits
  2. il existe déjà des outils similaires qui, eux, sont aussi gratuits
  3. est-ce bien nécessaire ?
J'utilise les réseaux sociaux et j'ai de bonnes raisons pour cela puisque moi aussi je cherche à vendre quelque chose : mes bouquins.

En acquérant un de mes livres, vous n'achetez pas qu'un objet, vous achetez aussi du rêve. Eux ne vendent que du vent !


Sommes-nous devenus tellement incapable de penser par nous-mêmes pour aimer à ce point les citations ?


Aujourd'hui, on voit partout sur le net des petites phrases d'auteur mises en exergue  comme s'il s'agissait de vérités premières, incontournables, alors qu'elles ne sont que l'expression d'une pensée liée à un moment précis, une réaction face à une situation particulière ou parfois un besoin de se mettre en valeur.

Les auteurs ou autres personnages célèbres, sources de ces petits mots, ont peut-être des certitudes, doit-on pour autant en faire des dogmes ?
Une vérité d'aujourd'hui sera-t-elle encore crédible demain ?



Les séries policières françaises

Heureusement, il y a des exceptions, comme l’excellente série "Engrenages", pour n’en citer qu’une…

Mais pour la plupart de ce qu’on peut voir ces derniers temps à la télé, les auteurs et scénaristes français manquent-ils à ce point d’imagination pour nous servir toujours la même recette, à quelques colorants et rehausseurs de goût près ?

Vous aussi, vous voulez vous lancer dans une série policière digne de passer sur TF1 ? Lancez-vous, ce n’est pas compliqué, les ingrédients de base en sont toujours les mêmes :
  • Prenez un flic, de préférence une femme, mais ce n’est pas obligatoire, un homme peut aussi faire l’affaire.
  • Ce flic, qui travaille d’ordinaire à Paris ou au minimum dans une grande ville, retourne dans sa province d’origine, généralement pour un motif familial (un décès. par exemple).
  • À peine votre policier est-il de retour dans sa ville natale qu’un crime se produit. Là, vous pouvez à discrétion multiplier cet acte odieux autant de fois qu’il vous plaira. Un tueur en série fait toujours son petit effet.
  • Bien entendu, votre flic se mêle de l’enquête, de façon officielle, ou non. (Ben oui, sinon il ne sert à rien !)
Très important ! Là, c’est la sauce et l’on sait que si on rate la sauce, ce n’est pas la peine de présenter le plat.

  • Le flic a vécu dans son enfance un drame horrible.
  • Derrière ce drame se cachent de lourds secrets.
  • Le nouveau crime a un rapport avec ce drame ancien.
Pour le temps de cuisson, 6 à 8 épisodes devraient suffire. Prenez soin de choisir des ingrédients de qualité, un mauvais acteur rendra ce plat fade. Le décorum a aussi son importance, un paysage de montagne ou de mer mettra en valeur votre présentation.

Voilà, vous êtes prêt à rejoindre la cohorte d’auteurs et scénaristes des séries policières françaises. Et ne vous inquiétez pas, la presse spécialisée (Télé 7 jours, Télé Loisir, etc…) vous réservera toujours un beau papier pour vanter les mérites de votre création.



Les moutons de partage

Il y a eu les moutons de Panurge, aujourd’hui on a les moutons de partage !

"Partage", c’est ce bouton présent sur quasiment tous les réseaux sociaux, censé nous servir à relayer une information qui nous semble importante et, éventuellement, à souligner notre accord ou notre désaccord avec celle-ci. Encore faut-il y ajouter son grain de sel avant de faire suivre. Bien entendu, ce n’est pas une obligation, moi-même, je ne le fais pas systématiquement, mais certains sont vraiment les champions de la retransmission. Jamais un mot de leur part, jamais une pensée personnelle. Imaginez une course de relais où l’un des coureurs se contente de passer le bâton sans jamais courir !

Mais ça, c’est un moindre mal. Ce qui m’horripile, ce sont ces campagnes virales qui consistent à faire circuler un message en jouant sur la corde sensible en donnant aux lecteurs mauvaise conscience s’ils n’appuient pas sur le fameux bouton "Partage". Principalement sur Facebook, d’ailleurs.
Un exemple : ce message qui te dit quelque chose du genre « Si tu as dans ta famille ou parmi tes amis quelqu’un atteint d’un cancer… blablabla… Si tu te sens concerné, partage ! »
En France, le cancer sous différentes formes touche environ une personne sur quatre ! Alors qui ne se sent pas un minimum concerné ? Qui ne connaît pas quelqu’un qui en a souffert ?
Mais la question est : à quoi servent ces campagnes ?
À rien !

Et nos moutons de partage de cliquer, de partager, de transmettre en guettant qui parmi sa "liste d’amis" osera rompre cette belle chaîne de solidarité…

Solidarité ? Tu parles ! Ce genre de truc ne rapporte rien à personne.

Alors, mesdames et messieurs les partageurs moutonniers, au lieu de cliquer en bêlant d’autosatisfaction pour un tout petit geste de votre index, maintenant que vous vous l’êtes sorti du cul, si vous voulez réellement faire quelque chose, il y a une autre vie sociale que Facebook, des réseaux actifs qui se bougent pour faire avancer la recherche sur de cancer, pour rester sur ce sujet.
Allez voir www.seintinelles.com, par exemple, qui cherchent des volontaires pour aider à la recherche sur le dépistage du cancer du sein.
Et en cherchant, vous en trouverez d’autres.

Le philosophe Pierre Lévy, auteur de "L’intelligence collective", a dit :
« L’intelligence collective est pratiquée par les êtres humains depuis qu’ils disposent du langage et de la culture. Nous ne sommes intelligents que collectivement grâce aux différents savoirs transmis de génération en génération. Simplement Internet est plus puissant que l’imprimerie, la radio ou la télévision, parce qu’il permet une communication transversale et une meilleure exploitation de la mémoire collective. »

En voyant la façon dont certains utilisent ce fabuleux outil, je me demande si les réseaux sociaux du type Facebook ne participent pas à l’exploitation de la bêtise collective !
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