Chroniques de San Francisco


Armistead Maupin
Traduit de l’américain par Olivier Weber et Tristan Duverne





4e de couverture :
Les seventies sont sur le déclin, mais San Francisco, la fureur au cœur et au corps, vibre encore d’une énergie contestataire. La libération sexuelle est consommée et s’affiche dans les rues aux couleurs d’enseignes et de néons tapageurs. Tout droit venue de Cleveland, Mary Ann Singleton, vingt-cinq ans, emprunte pour la première fois les pentes du « beau volcan ». Elle plante son camp au 28 Barbary Lane, un refuge pour les « chats errants ». Logeuse compréhensible et libérale, Mme Madrigal règne en matriarche sur le vieux bâtiment qui abrite une poignée de célibataires : Mona, rédactrice publicitaire, son colocataire Michael, chômeur et disciple de « l’amour interdit » et le beau Brian Hawkins, coureur de jupons insatiable. Les héros de cette tribu enchantée ont fait le bonheur de millions de lecteurs dans le monde entier, au fil des six volumes de cette saga.


Mon avis :
Ces chroniques de San Francisco se lisent comme on suce un bonbon : avec gourmandise ! Le ton est léger et l’humour est fin, avec une petite pointe acidulée qui participe grandement au plaisir. Évidemment, c’est un peu daté… Et c’est surtout très connoté « côte ouest-américaine », culture « flower power » d’une part et communauté gay de l’autre. Il est vrai que l’auteur n’a jamais caché son appartenance à ce milieu et que la côte ouest a toujours eu un train d’avance sur l’écologie, les manières de vivre alternatives et la défense des minorités. Mais les historiettes d’Armistead Maupin n’ont rien démonstratives ni de militantes, ce sont simplement des tranches de vie où l’on suit quelques personnages dont le principal point commun est d’habiter dans le même immeuble sur Barbary Lane. La propriétaire, Anna Madrigal, est une bibliothécaire retraitée qui cultive sa marijuana dans son jardin et accueille ses nouveaux locataires en leur offrant un joint. On trouve aussi d’autres personnages comme la famille Halcyon, dont le père est chef d’entreprise, ou les amants et maîtresses des uns et des autres. Tous ces gens se croisent, interagissent, et cela devient prétexte à de courtes scènes où la satire sociale n’est jamais loin. Le style est assez direct, il y a peu de description et les courts chapitres mettent en scène deux ou trois personnages et sont constitués essentiellement de dialogues. Ce qui fait l’intérêt du récit se trouve dans le ton et la personnalité des personnages. En ce sens, cela évoquera sans doute les sitcoms américaines, ce qui n’a rien d’étonnant puisque ces écrits ont été adaptés à la télévision sous cette forme. Les amateurs du genre y trouveront leur bonheur, mais même si vous ne regardez jamais de sitcoms, laissez-vous tenter… un livre est toujours bien plus parlant qu’une série télévisuelle.


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