Même les rhinocéros pleurent parfois


Marie-Josèphe Faure




4e de couverture :
D’après une histoire vraie, la vie dans toute sa mesure, tour à tour brutale et drôle.
Les répercussions de la seconde guerre mondiale au cœur des familles, l’évolution de la société, les rapports hommes-femmes, vus avec des yeux d’enfant et un sens aigu de l’observation et du ressenti.
Le cahin-caha de l’enfance, les violences conjugales, la maladie, la spirale des dettes, rien ne parviendra à mettre à terre notre héroïne.
C’est une femme maintenant. Mais c’est une femme qui veut rester, coûte que coûte, une fille. Une fille sous la seule influence de la dictature du grand maître de l’esthétique.
D’expériences « beauté » cocasses en de furtifs lâcher-prises, finalement cette femme ne renonce jamais.
Résister par tous les moyens. Encaisser. Faire comme si tout allait bien.
Maître dans l’art du camouflage, dans l’art de porter le masque, mi caméléon mi Commedia dell’arte, l’auteur, tour à tour, se laisse prendre au piège des apparences et le dénonce.
Pourtant aucune hypocrisie dans ce texte écrit avec une sincérité touchante.
C’est le récit d’une femme qui doit parfois tricher dans un seul but : rester fidèle à son serment.
Ce récit poignant vous propose de suivre le parcours semé d’embûches d’une femme qui ne cesse jamais de se battre.


Mon avis :
Même les rhinocéros pleurent parfois n’est pas vraiment un roman, c’est un cri du cœur… Malheureusement, les cris du cœur ne font pas forcément de la bonne littérature.
C’est dommage, ça commençait plutôt pas mal. Malgré quelques petites maladresses de ponctuation (trop rares pour être vraiment gênantes), le style est sympa et facile à lire. Le ton direct et enjoué est plaisant, la façon de balancer des petites piques en égratignant les travers de la société aussi, et même quand elle nous raconte les pires galères, Marie-Josèphe Faure garde toujours une pointe d’ironie pour faire passer la chose et ne tombe jamais dans le larmoyant.
L’auteur situe une partie de cette histoire en Haute-Loire. On comprend, vu l’aspect très autobiographique du récit, qu’elle n’ait pas voulu utiliser les noms réels des lieux dont elle parle, mais le choix de les remplacer par des noms comme Sommières ou Lussac me paraît peu pertinent. Il aurait été si simple d’en inventer. Mais ceci est une peccadille. Ce n’est pas là que le bât blesse.
Je l’ai dit au départ, c’est écrit comme un cri du cœur, comme on évacue un trop-plein de douleur, de rancœur aussi, et ça en a les défauts : ça manque terriblement de construction ! On commence au moment de l’enfance de la narratrice. Du moins, on passe d’anecdote de son adolescence à des scènes d’enfance entremêlées de souvenirs autour de la famille… Et puis d’un coup, sans aucune liaison, on se retrouve bien des années plus tard, quasiment au présent, et on apprend que la narratrice souffre d’un cancer… Mais on ne s’attarde pas longtemps sur le sujet. Toujours sans crier gare, on refait un bond en arrière pour revenir dans les années 90, alors qu’elle se débat dans les complications d’une séparation douloureuse avec un homme très toxique. À partir de là, il y a quelques digressions, mais on reste sur ce thème. On dirait même que le récit progresse de façon très cadrée, puisque chaque événement est daté, sauf que l’auteur, dans un même paragraphe, parle de faits qui ont lieu au moment indiqué et mélange avec d’autres qui se sont passés avant… Bref, c’est confus ! Sincère, c’est certain, mais déballé comme ça vient, avec des sauts dans le temps qui altèrent la cohérence du récit, des répétitions qui lassent le lecteur. De plus, dans la dernière partie, ça tourne au compte-rendu des différentes démarches et relations avec l’administration judiciaire ou bancaire… Là aussi, au bout d’un moment, c’est lassant !
Il est rare que je n’aille pas au bout d’un bouquin, mais là, j’avoue, j’ai laissé tomber. J’en ai quand même lu les trois quarts, et j’ai survolé le dernier, mais la forme restant la même (paragraphes datés) j’ai renoncé.
Je sais qu’il y a un lectorat pour ce genre de témoignage, mais ce n’est pas vraiment ce que j’aime. Et j’insiste sur le mot « témoignage », parce que pour moi, c’est dans cette catégorie que ce livre devrait être classé, pas dans les romans.
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