La ville des mystères (Merveilles du Monde Hurlant - Tome 1)


Julien Hirt




4e de couverture :
Un petit conseil : même si vous en voulez à la terre entière, si un gros poisson rouge flotte peinard dans votre rue, ne le suivez surtout pas !
Moi, Tim Keller, seize ans et un peu paumée, ça a été la pire erreur de ma vie.
Résultat, je me retrouve piégée dans un monde rempli de magiciens, de filles-plantes incroyablement agaçantes et de chevaliers Luminars. Ici, à Entremer, tout le monde me prend pour une dangereuse révolutionnaire. Pourtant, tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi !
Mais avant, je dois retrouver la trace de Voland, le mec qui m’a tapé dans l’œil : même si tout le monde me dit qu’il pourrait causer la destruction de l’univers…
Plongez dans une fantasy steampunk hallucinée, à la découverte des Merveilles du Monde Hurlant !


Mon avis :
La sortie de La ville des mystères a été soutenue par une forte promo de la part de son éditeur, Le Héron d’Argent, et je dois avouer qu’il a plutôt bien réussi son coup, l’animal au long cou, puisque ça m’a poussé à demander un service presse. Pour vous dire la vérité, le titre ne m’avait pas vraiment accroché. Vous avouerez que ça fait un peu bateau, La ville des mystères ! Enfin, quand je dis « bateau »… même pas ! Un bateau, ça voyage, alors qu’avec un tel titre, on se dit que l’auteur manque singulièrement d’imagination et l’on craint de rester au port. Et bien, on a tort ! Énormément tort ! De l’imagination, Julien Hirt en a revendre. Et de la bonne ! Pas de l’imagination à trois balles qui s’effrite après quelques pages, non ! De la créativité bien débridée, avec des vrais morceaux de fantaisie dedans, nourrie à l’imaginaire enrichi à l’inspiration.
Ce Monde hurlant, dont ce titre est le premier tome, mérite vraiment la balade ! Voire la ballade, tant on y imagine facilement des ménestrels en chanter la beauté ou les légendes terrifiantes de son passé. Car c’est bien à travers ses personnages que l’auteur décrit le mieux ce monde dans lequel son héroïne est entraînée malgré elle. Ils sont nombreux, variés, et chacun possède une personnalité bien dessinée. Les principaux sont parfois agaçants, comme peuvent l’être des adolescents, mais terriblement attachants, et l’on suit avec plaisir leurs pérégrinations pleines de surprises. Oui, La ville des mystères est un vrai roman d’aventures fantastiques, écrit dans un style dynamique très addictif qui donne envie de tourner les pages encore et encore. La fin est un peu abrupte à mon goût, mais c’est une tendance qui nous vient des séries télévisées américaines de nous imposer cette façon de ne pas terminer, espérant peut-être mieux capter le spectateur (ou le lecteur, dans le cas qui nous concerne). Le problème, c’est qu’il se passe généralement beaucoup de temps entre deux tomes ou deux saisons d’une même série. Personnellement, je trouve que c’est un peu se moquer du lecteur (ou du spectateur) que de terminer d’une façon qui dit : « si tu veux savoir comment ça se termine, achète le prochain volume… ». Ici, il ne manque pourtant pas grand-chose pour « boucler la boucle » et ainsi éviter le laisser le lecteur trop frustré. C’est une méthode de vente que ne n’apprécie pas, mais j’avoue que ce roman me donne vraiment envie d’en connaître la suite.
Néanmoins, puisqu’on en est à la page des remontrances, je ne peux passer sous silence quelque chose qui m’a particulièrement agacé, et là, c’est plus à l’éditeur que je m’adresse (même si l’auteur a sa part de responsabilité) : quand je vois sur le marché un magazine indépendant et gratuit (l’Indé Panda) proposer des nouvelles d’auteurs auto-édités avec un niveau d’exigence qui frise l’excellence, il me semble qu’un éditeur, même petit, devrait au minimum arriver au même niveau de qualité. Et malheureusement, ce n’est pas le cas pour ce roman qui mériterait un meilleur traitement. Il reste beaucoup trop de coquilles, preuve d’une relecture bâclée. Et qu’est-ce que c’est que cette idée de mettre les dialogues en gras ? Je sais bien qu’on est dans le Monde Hurlant, mais est-ce nécessaire de nous donner l’impression que tous les personnages ne s’expriment qu’en criant ? Ou presque, d’ailleurs, parce que certains passages ne sont pas en gras. On trouve en plus, toujours dans les dialogues, des interlignes variables… Bref, côté présentation, ça laisse à désirer ! Même si l’éditeur n’a pas beaucoup de moyens, l’un de ses rôles n’est-il pas de veiller à la qualité du produit final ?
Mais que ceci ne vous empêche pas de lire la ville des mystères, la qualité de ce roman vous fera rapidement oublier les petits défauts d’édition.
Enregistrer un commentaire