L'auteur

Biographie en roue libre

Je suis né à la fin des années 50, en 58 pour être exact, dans une ville de province. Une ville rouge, à cette époque. Rouge, comme la couleur des tuiles qui couvraient les toits de ses usines, rouge comme le cœur des ouvriers qui venaient participer à l'enrichissement des patrons du textiles. Ça, c'était avant. Avant que tous ces messieurs qui se concurrençaient farouchement en partageant whiskies et cigares dans leurs clubs très privés décident qu'il était plus facile de gagner de l'argent à l'étranger. Avant que les bonnetiers ferment leurs usines les unes après les autres.
Dans un sens, je pourrais dire que je m'en fous, mes parents ne travaillaient pas dans cette filière.
Non, la vérité, c'est que je ne l'ai pas vraiment connue, cette époque. Pas dans mes premières années, ni même dans mon adolescence, alors que la vie de cette cité était déjà en train de changer. J'avais d'autre chose à penser. J'avais des problèmes d'adolescent.

Mon enfance

Déménagements, déménagements…


À ma naissance, mes parents habitaient quelque part vers la gare. Les seuls souvenirs que j'en ai sont quelques photos jaunies. Je devais avoir dans les deux ans quand ils ont déménagé pour s'installer à C., une commune située à une vingtaine de kilomètres. Mon père venait de trouver une place dans une banque et un appartement juste au-dessus de l'agence. C'est dans ce lieu que ma petite cervelle encore en pleine formation a commencé à emmagasiner des images. Au début, la mécanique n'était pas encore au point, les premières sont assez floues, incomplètes ou parfois se sont mélangées avec d'autres. Elles reflètent la réalité que je me suis bricolé à partir de ces réminiscences de mon passé, mais c'est la seule que j'ai à vous proposer, alors il vous faudra bien vous en contenter.
En même temps, je ne vais pas vous narrer par le détail toutes les  images qui me reviennent, les sensations, comme cette odeur de café, le soir, quand ma mère moulait les grains pour le jus du lendemain, parce que si j'emprunte cette voie-là, j'en ai pour des années et ça risque de devenir aussi chiant qu'un roman de Marcel Proust. Ça serait du temps perdu. Même si cette odeur de café à pour moi valeur de madeleine.
Néanmoins, il m'est arrivé deux ou trois bricoles, dans cette appartement deux étages au-dessus d'un banque. À cette époque, nous étions deux enfants : ma sœur aînée et moi. Au début, en tout cas. Mon frangin est arrivé en 63. J'ai du mal à situer précisément dans le temps les différents incidents qui ont marqué cette partie de notre enfance, à par un qui s'est produit peu de temps après la naissance de mon frère. Je reviendrai dessus.
Tous les gamins font des conneries, ils partent à la découverte du monde et parfois, ils se prennent des coups. Moi et ma sœur, on a fait notre part. Tout petit, j'ai échappé à la vigilance de ma mère et j'ai mis la main sur la plaque brûlante de la cuisinière bois et charbon. Je suppose que ça a dû me faire mal, mais c'est surtout de l'énorme pansement qui m'enveloppait toute la main dont je me souviens.
Dans nos jeux, on se créait des mondes avec tout ce qu'on avait à portée. On déplaçait les lits (on dormait dans la même chambre), on se faisait des parcours avec les chaises du salon, on escaladait la cheminée… Toute chose qui nous valait quelques engueulades quand l'un des parents nous surprenait. Parfois trop tard. Ce qui a valu à ma sœur deux ou trois cicatrices.
Le pire est arrivé en 63. Un petit frère venait d'arriver dans la famille, donnant un peu plus de travail à ma mère. Est-ce pour ne pas nous avoir dans ses pattes au moment du biberon qu'elle nous a autoriser à jouer sur le palier, hors de l'appartement ?
Il faut que je vous décrive l'immeuble. Donc, en bas, la banque. Sur le côté de l'agence, une lourde porte métallique permettait d'accéder aux appartements des deux étages qu'il comprenait. À chaque palier, un appartement ouvrait tout de suite à main droite et un long couloir (dans mes yeux d'enfant il paraissait très long) amenait au second logement. Au premier, il y avait une espèce de terrasse sur laquelle on pouvait accéder, et qui était en fait le toit de l'agence. Dans un coin de cette terrasse, il y avait un genre de verrière qui apportait de la lumière dans les toilettes de la banque. Un étendoir s'étirait sur toute  la longueur et passait au-dessus de cette verrière. Au deuxième, des fenêtres ouvraient sur cette terrasse.
Vous le voyez venir ? Non ? Je vous raconte, alors.
Ma sœur et moi, seuls sur le palier avec pour tout jouet (enfin dans mon souvenir je n'en vois pas d'autres) du papier. Tiens ! Et si on s'amusait à en déchirer des petits bouts et à les jeter par la fenêtre ? C'est rigolo de les regarder descendre en virevoltant. Et pour mieux les voir, si on montait sur le rebord de la fenêtre ?
Vous le voyez arriver, ce coup-ci ! Le plongeon !
J'étais debout sur le rebord de la fenêtre, l'instant d'après, j'étais par terre, juste à côté de la verrière. Sans les fils d'étendage qui m'ont fait rebondir, je passais à travers direction les chiottes. Ça n'aurait pas été terrible, comme départ dans la vie.
Après ça, j'ai bien dû m'écorcher les genoux, me prendre quelques gamelles, mais il en aurait fallu beaucoup pour me marquer. Dans l'ensemble, n'étant par né dans la pauvreté, n'étant pas un enfant battu, c'était plutôt une chouette période.
Dans ce village, j'ai connu l'école maternelle, où le maîtresse s'extasiait sur mes dessins qui démontraient une précocité certaine. Je ne sais pas ce que j'ai foutu de mes crayons, depuis.
J'ai aussi connu l'école primaire. Le CP et  le CE1. Ce sont les dernières classes où j'étais bon élève. Un peu trop rêveur, mais toujours dans les premières places. J'ai même terminé l'année de CE1 à la plus en tête. J'aurais pas dû !
Mon père s'était fâché avec son employeur, on a déménagé. On est retourné à la ville. Nouvel appartement, nouvelle école. Adieu les copains !
Sans faire de la psychanalyse à trois sous, je crois que c'est ça qui m'a brouillé avec les études. Je suis premier de la classe, on me punit en m'arrachant à mes potes… Après je me suis méfié, j'ai tout fait pour ne jamais avoir de bonnes notes. Ni de copains d'école. Pour ces derniers, j'ai bien fait, parce qu'on est pas resté longtemps. CE2, CM1. C'était l'année 68, la fameuse, avec les grèves et les manifestations. J'avais dix ans, alors pour moi, ça se résume à des vacances supplémentaires. À l'époque, dans les familles où il y avait la télé, les mômes n'étaient pas constamment collés devant l'écran. Chez nous, c'était même strictement limité aux émissions qui nous étaient dédiées, le jeudi après-midi. À l'heure des infos, on était relégués dans notre chambre, alors les événements de mai 68, c'était une affaire d'adultes, on n'en savait pour ainsi dire rien.
Bref, à part les grèves qui nous touchaient pour cause d'écoles fermées, 68 a été l'année de mes premières colonies de vacances. Je me suis retrouvé un beau matin d'été dans un car en partance pour la Savoie. J'ai pas aimé !
J'étais un garçon plutôt solitaire, alors cette promiscuité imposée, ces petits groupes dans lesquels je n'arrivais pas à m’intégrer… Non, vraiment, j'ai pas aimé.
Et le retour encore moins. Pendant notre absence − ma sœur était dans une autre colonie, le petite frère chez les grands-parents, et la toute nouvelle petite sœur… et bien je me le demande d'une main ferme − mes parents avaient à nouveau déménagé. Pour le Jura, cette fois. Quand ils nous ont récupéré à la descente  de l'autocar du retour, c'était pour se payer encore près de trois heures de voiture et arriver de nuit dans une maison inconnue, un pays inconnu.
Ah ! Le Jura ! Quel beau pays, où l'on se sent tout de suite… comme un étranger. Là-bas, on a un accent. Moi, j'avais plutôt l'impression que c'était eux qui avaient un accent, mais bon… On était en minorité ! À l'école, les gamins te font vite sentir que tu n'es pas tout à fait comme eux. Moi qui était déjà renfermé, ce n'est pas dans cette classe de CM2 que j'ai pu m'épanouir. Surtout quand l'instituteur se met de la partie. Ce sombre crétin qui dans une autre vie aurait pris dans la gueule le poing de père que je suis devenu plus tard, était aussi partial que les mômes en cours de récrée. Ce que l'on peut comprendre de la part d'enfant devient inacceptable venant d'un adulte censé enseigner le savoir vivre en société, puisqu'à l'époque il y avait tous les matins des cours de morale.
Une fois par mois (ou était-ce par semaine ?) l'instituteur branchait la radio pour nous faire suivre des cours de chant. Dès la première fois, cet inestimable pédagogue m'a interdit de chanter ! Parait que je chantais faux. Je ne sais pas avant, personne ne me l'avait jamais dit, mais il va sans dire qu'après, oui, je chantais véritablement comme une casserole. Encore qu'il n'est pas prouvé que les casseroles soient si peu douées pour la chanson.
Ce qu'il y avait de chouette, dans le Jura, c'est qu'on n'habitait plus en appartement, mais dans une maison avec un grand terrain. Une grande maison sur deux niveaux plus un sous-sol et un grenier. Et peut-être même un fantôme. En tout cas, quand on a dix, onze ans, on y croit dur comme fer et d'autant plus dur qu'on se nourrit de toute sorte de lectures, de la Bibliothèque Rose et sa cousine Verte à Jack London et Jules Verne. Si en plus on a déjà tendance à se laisser facilement aller à la rêverie, les craquements, gémissements et autres bruits d'une vieille maison sont autant de portes d'accès à un monde rempli d'êtres invisibles aux intentions forcément hostiles. Et quand on apprend qu'un ancien locataire se serait suicidé dans cette demeure, il n'en faut pas plus pour donner tous crédits aux histoires les plus fantastiques. Et puis les enfants adorent jouer à se faire peur…
Comme tu le vois, lecteur, dans les années 60, je n'avais pas besoin d'un ordinateur pour me réfugier dans le réalité virtuelle.
Cette période jurassienne ne dura guère. Un an et demi, à peu près. Ma grand-mère avait dit qu'habiter dans la maison d'un pendu (était-il mort ainsi ?), ça portait malheur. Coïncidence ou pas, chacun en jugera selon ses convictions, mes parents connurent des moments difficiles, le genre de crise dont l'aboutissement est devenu de nos jours assez banal : problème financier, problème de couple, séparation… En plein milieu de l'année scolaire − j'étais en sixième − nous voilà repartis, ma mère et sa progéniture, à notre point de départ, la ville où j'étais né.
Après avoir passé quelques mois chez nos grands-parents, à sept dans un appartement minuscule, nous emménageons enfin dans un F4 où mon père, après une réconciliation, finira par nous rejoindre un peu plus tard. C'est à cet endroit que commence mon adolescence.





L'adolescence

Sexe, drogue et rock’n’rol

Je l'admets, le titre est un peu racoleur, mais on était en plein dans les années 70. Ce qui avait commencé dans la décennie précédente aux États-Unis était en pleine explosion dans la vieille Europe, avec mai 68 en détonateur. Enfin, j'exagère un petit peu, ce n'était pas non plus un mouvement de masse, surtout dans une petite ville de province. Rares étaient ceux qui osaient sortir du rang, s'éloigner du modèle social imposé silencieusement par la majorité bien pensante. Porter un Jean, rare à l'époque, était déjà un signe de marginalité et si l'on admettait, à la rigueur, que certaines vedettes de la chanson portent les cheveux longs, dans la rue c'était encore très mal vu.
J'ai eu la chance d'avoir des parents plutôt permissifs sur pas mal de points. Oh ! Pas tout de suite. Il faut  dire que jusqu'à mes 14 ans, environ, mis à part mes résultats scolaires catastrophiques, je ne posais pas de problèmes particuliers. Je vivais dans ma bulle et mes distractions se partageaient entre mes lectures et de longues balades à vélo qui me donnaient tout  le loisir d'entretenir mon côté contemplatif. Dans la cité où nous habitions, je partageais aussi les jeux des gosses de mon âge, mais sans vraiment m'attacher à aucun d'eux. Entre les différents immeubles qui composaient de quartier, des bandes s'étaient formées, je ne faisais partie d'aucune. Je préférais la plus part du temps la solitude de mes virées dans la campagne environnante. J'étais même un garçon "normal", mes aspirations n'étaient pas différentes de celles des autres gamins de mon âge. J'étais passionné par le monde de l'automobile au point d'emprunter à la bibliothèque tout ce qui avait trait aux véhicules terrestres motorisés. À 14 ans, je connaissais tout du fonctionnement des moteurs à 2 ou 4 temps et mes héros étaient les pilotes de rallyes. À 15 ans, j'avais déjà mon plan de carrière : apprendre  la mécanique et me diriger vers la course automobile…
Et puis il y a eu l'été de mes 16 ans.
Même aujourd'hui, je suis incapable de définir avec exactitude quel a été le déclencheur. Il y en a certainement eu plus d'un. Les hormones, les rencontres, un intérêt nouveau pour ce qui se passait autour de moi ? Et aussi les lectures, ou bien est-ce justement ces bouleversements de l'adolescence qui ont influencé mes choix dans ce domaine ?
L'été 74 fut celui de mes premiers doutes, de certaines prises de conscience et d'un désamour implacable envers les coiffeurs. Ce fut aussi celui de mes premiers joints.


Ah, la drogue ! Que n'a-t-on pas dit à ce sujet et que ne dit-on pas encore… Je laisse bien volontiers ce débat aux adeptes et détracteurs. Si aujourd'hui on me demande mon avis, je dirais « touche pas à ça ». Enfin, toujours pour les drogues "dures" et les trois quart du temps pour celles dites "douces". Parce que mon expérience avec la fumette ne me semble pas correspondre avec la façon dont elle est consommée de nos jours.
Bien sûr, dans les seventies, certains en faisaient un usage immodéré, dans le seul but de se défoncer, mais ceux-là agissaient finalement avec la drogue comme pour toutes les autres facettes de leur vie. Ils erraient sans but, sans conscience, aveugle à ce qui les entourait comme à leur propre déchéance.
D'autres, et j'en faisais partie, voyaient dans la consommation de ces substances un moyen d'augmenter leur potentiel créatif et leur compréhension du monde. Chaque pétard était une clé pour ouvrir les "portes de la perception". On ne se défonçait pas, on faisait une expérience.
Mais assez parlé de drogue, il y a bien longtemps que j'ai rangé ça dans le tiroir des souvenirs.

Drogue, sexe et rock’n’roll… Quand j'entends rock'n'roll, je pense à celui des origines, celui de Bill Halley,  d'Elvis, de Jerry Lee Lewis ou de Chuck Berry. En vérité, j'ai découvert cette musique bien plus tard. Dans les années 70, ma première grande claque musicale, ce fut l'album "Dark side of the moom" des Pink floyd. Le premier 33 tour que j'ai acheté, d'ailleurs. Ensuite, il y a eu les Doors, Lou reed et David Bowie. Il y en a bien d'autres, mais ceux-là figurent en tête de liste de ces artistes qui ont accompagné mes années lycée. Je pourrais aussi cité les chanteurs de folk américain comme Neil Young, Cat Stevens, Simon and Garfunkel…  Là encore, la liste n'est pas exhaustive.
J'écoutais aussi beaucoup de chanteur français, pas ceux "à la mode", diffusés sur toutes les radios, mais plutôt ceux qu'on se passait presque sous le manteau, inconnus du grand public à l'époque. Certains ont fini par être reconnus, à défaut d'être très connus : Higelin, Bernard Lavillier, Renaud, d'autres sont aujourd'hui quasiment oubliés : Môrice Bénin, Joan Pau Verdier ou François Béranger, pour ceux qui parlaient aux gens de mon âge, mais j'avais été élevé au son des grands de l'époque : Brassens, Brel, Aznavour, et plus tard j'ai découvert Léo Ferré. J'en ai gardé un goût très prononcé pour la chanson à texte, mais au lycée, ce n'était pas facile d'afficher ce genre de préférence quand tous les autres ne parlaient que de Johnny ! Je n'ai rien contre notre rocker national, je reconnais volontiers ses talents de bête de scène, mais personnellement, il ne m'a jamais vraiment touché.
Et puis, n'oublions pas que j'étais déjà pas mal "dé-sociabilisé" depuis ma "tendre enfance", alors à l'âge où l'on a besoin de s'affirmer, je restais farouchement hors du groupe. Mes choix musicaux ou de lecture, mes cheveux longs étaient aussi une façon de marquer ma différence.

Je vous l'ai dit plus haut, le titre est un peu racoleur!  Surtout le mot "sexe". Vous imaginez bien qu'à l'adolescence, le sexe devient très vite quelque chose d'assez important… On se pose tout à coup pas mal de questions auxquelles les adultes de la génération de mes parents étaient, généralement, bien incapables de répondre. Faut les comprendre, c'était encore tabou. Ma mère avait contourné le problème en nous offrant, à ma sœur et à moi (je devais avoir quatorze ou quinze ans), un livre d'éducation sexuelle…
Théoriquement, on était "briefés". Mais de la théorie à le pratique, il y avait un pas que, personnellement, j'ai eu un peu de mal à franchir. Eh oui, toujours mon côté "bête à part". Quoique bête, justement, je ne me le sentais pas trop. C'est plutôt les autres, que je trouvais un peu bêtes. À l'heure où ils en étaient encore à ricaner derrière le dos des filles, je me posais déjà des questions sur le couple, les rapports entre hommes et femmes, la vie en société… Les filles de cette époque n'étaient pas forcément plus avancées que les mecs, même si l'on dit qu'elles sont mûres plus vite. Elles étaient, elles aussi, confrontées aux mêmes tabous et, selon leur classe sociale et l'ouverture d'esprit de leurs parents, tout aussi ignorantes que les garçons. Il y a eu une période pendant laquelle je leur faisais peur !
Passé seize ans, ça allait mieux. Elles avaient évolué, moi aussi. Maintenant, c'est moi qui avait peur d'elles ! Enfin, c'est surtout que je ne savais pas comment m'y prendre, j'étais un petit peu handicapé du sentiment, je ne tombais jamais amoureux de la bonne, et j'étais incapable de voir celles qui s'intéressaient à moi. Dur, dans ce cas, d'avoir une "petite amie"…
Alors pour le sexe, j'étais du style croyant non pratiquant. Là encore, la lecture m'a été salutaire, m'a aidé à en comprendre certaines arcanes insoupçonnées de la plupart de mes camarades de lycée. Je lisais "Tropique du Cancer" d'Henry Miller, "L'érotisme" de Georges Bataille, "Archaos ou le jardin étincelant" de Christiane Rochefort, et bien d'autres encore qui me permirent d'appréhender sans complexe ce rivage trouble et fascinant que représentait encore pour moi, pauvre puceau, le sexe !



La jeunesse

Les années bohèmes

Le problème, avec l'adolescence, c'est qu'on ne sait jamais vraiment quand elle se termine…
On dit souvent que c'est une question de maturité, reste à définir ce qu'on entend par ce mot. Socialement, est-ce quand on rentre dans la vie professionnelle ? J'ai failli dire "la vie active", mais je me plais à croire qu'à moins d'être gravement handicapé, on est déjà actif dès l'enfance. Mais admettons !
Admettons que le fait de devenir "actif" dans le monde professionnel marque un passage de l'adolescence vers l'âge adulte. Du moins pour ceux qui ne poursuive pas de longues études, ce qui fut mon cas, puisque après une scolarité plutôt catastrophique, j'ai arrêté en fin de seconde à presque dix-huit ans. Et oui, j'avais redoublé deux fois.

À suivre…
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