Une jeunesse dans le tumulte


Michelle Pannetier-Alabert





4e de couverture :
En 1940, le Maroc, sous protectorat français, est administré par le régime de Vichy. Le débarquement des alliés en 1942 fera l’objet de durs combats. La civilisation américaine envahit les rues de Casablanca mais la guerre n’est pas finie. Les soldats américains de l’armée d’Afrique se mobilisent pour libérer l’Europe. La jeunesse et l’amour triompheront de cette période troublée. Gisèle et Andrée sont des jeunes filles élevées dans les principes moraux du début du siècle mais la guerre, avec ses souffrances et ses rencontres, bouleversera les mentalités et galvanisera le courage des EVDG (engagés volontaires pour la durée de la guerre).


Mon avis :
Un roman plaisant à lire mais qui me laisse l’impression de ne pas aller au bout de son histoire…
Michelle Pannetier-Alabert sait écrire, c’est une évidence. Son style est un peu à l’image de la belle couverture du bouquin, il dégage quelque chose de léger, agréable comme une belle matinée de printemps. Sur la forme, on pourra cependant regretter qu’une partie du roman (vers le milieu) semble avoir été moins bien relue que le reste : il y subsiste de nombreuses coquilles ! Mais si l’on oublie ce petit détail, on se laisse assez facilement charmé par la plume de cette auteure que je découvre à travers ce roman.
Une jeunesse dans le tumulte a d’abord suscité mon intérêt par sa dimension historique dans un contexte peu souvent abordé : le Maroc pendant la Seconde Guerre mondiale. On y suit, à travers la jeune génération, deux familles d’immigrés vivant dans ce pays, ainsi qu’un jeune Américain et ses amis qui participent au débarquement sur les côtes africaines. Ces deux familles ne fréquentent pas beaucoup les autochtones… le lecteur non plus ! Résultat : on se sent un peu coupé du Maroc. À quelques détails près, on aurait pu rencontrer ces gens au fin fond du Berry, ça n’aurait pas changé grand-chose. Les mentalités de l’époque, pour des familles de culture chrétienne, sont identiques, quel que soit l’endroit. C’est mon premier regret. On est au Maroc, mais on a parfois du mal à le sentir. Le deuxième est du même ordre : quelques paragraphes apportent des informations sur des points de détail historiques, concernant la situation politique de l’époque, par exemple, et expliquant certaines décisions stratégiques sur le terrain, mais ces passages semblent un peu collés sur le récit, sans vraiment s’y intégrer. On suit quelques actions auxquelles les jeunes Américains cités plus haut prennent part, mais on n’a pas vraiment l’impression de participer à ce débarquement.
En hésitant entre témoignage sur la vie de la jeunesse au Maroc dans les années quarante et roman historique sur les événements de cette même période, ce roman ne nous donne finalement pas assez ni de l’un ni de l’autre. Sans rendre l’ensemble complètement fade, les ingrédients s’atténuent l’un l’autre et nous laissent finalement l’impression d’être passés à côté du sujet. C’est dommage, parce que la plume de Michelle Pannetier-Alabert est vraiment agréable à suivre.
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