Ad Feminam


Yano Las





4e de couverture :
À cheval entre le psychodrame, le fantastique, la tragédie, ce roman raconte l’histoire d’une petite musulmane surdouée, qui a grandi loin de son père, qui a tant bien que mal réussi à faire son chemin dans la vie, et qui décide, en fin de parcours, d’écrire ses mémoires sous forme de coups de gueule, de coups de cœur, de poésie, de pensées sur un blog.
Après une enfance presque banale, presque normale, abandonnée par son père, surprotégée par sa mère, May, enfant sage, quitte sa musulmanie natale pour tenter sa chance en occident. En perte de repères, elle y découvre contre toute attente, la foi, mais pas seulement. Elle y fait aussi des rencontres du troisième type.
Des extra-terrestres aux sorciers ; des forces occultes aux secrets de l’au-delà ; en passant par les sectes et les sociétés secrètes, May raconte avec une simplicité poignante, déchirante, bouleversante, son voyage au bout de la peur.


Mon avis :
Voilà un livre que j’ai failli, par un excès de courtoisie, refuser de commenter. Je m’apprêtais à écrire à l’auteur pour lui dire ce que je pensais des petites maisons d’édition qui n’offrent pas le minimum à leurs auteurs : une relecture digne de ce nom. Mais comme j’aime savoir de quoi je parle, je me suis intéressé à cette maison d’édition : Aile de May.
Tiens ! May, c’est le prénom du personnage de ce livre ! Coïncidence ? Voyons, voyons… À qui doit-on envoyer son tapuscrit ? À l’auteur de Ad feminam… qui précise : « Vous devez être irréprochable… Vous devez donc lire et relire votre ouvrage… Le mieux serait de le faire lire par des proches, cependant, vous risquez des critiques qui ne seront pas toujours objectives et qui auront plutôt tendance à flatter votre égo. »
Et un peu plus loin : « Après lecture, vous recevrez une réponse par e-mail sous deux mois. Sachez toutefois que les livres avec des textes approximatifs ou comportant trop de fautes, aussi bien de syntaxe que de grammaire ne seront pas acceptés
.Le tapuscrit sera refusé également si son contenu (voir étape 1) ne correspond pas à nos critères de qualité. »
Là, j’ai un peu oublié ma courtoisie… Yano Las aurait été bien avisée de suivre les conseils qu’elle dispense aux auteurs et de se trouver des relecteurs capables de lui faire des retours objectifs, plutôt que d’écouter les quelques commentaires qui l’encensent sur Booknode. L’ensemble est brouillon, avec des passages sur lesquels on passe trop vite, et surtout l’impression que l’auteur ne sait pas vraiment elle-même dans quoi elle veut nous entraîner. En plus de ce flou qui n’a rien d’artistique, c’est bourré d’erreurs en tout genre : phrases mal bâties, incohérences, fautes de ponctuation, contradictions…
Je n’ai pas tout relevé, mais c’est quasiment à chaque page que des détails m’ont agressé l’œil avec des phrases du genre :
« Incapables de se séparer d’objets qui représentaient tant à leurs yeux, une partie de leur jeune histoire, un grand pan de leur vie, ils décidèrent d’emporter avec eux les objets neufs qui symbolisaient une nouvelle étape de leur vie et de laisser tout le reste. »
Ben, faudrait savoir !
Et quelques lignes plus loin : « l’étagère en bois noir qu’ils avaient encore vingt ans après, les deux autres étant devenues obsolètes. » Vingt ans après quoi ? Dans le récit, ils sont mariés depuis moins de cinq ans… C’est quoi ? Une faute de temps ? Ils l’auront encore dans vingt ans ? Et puis « obsolète ! » Comment une étagère peut-elle être obsolète ? Démodée, cassée, oui. Mais obsolète !
Dans le genre contradiction, on trouve aussi ça : « Paradoxalement, elle ne ressentait pas, n’éprouvait pas le besoin de connaître l’identité de son géniteur. Ça ne lui manquait pas... encore... C’était peut-être encore trop tôt. Qui sait. »
Dix lignes plus loin et sans transition, elle dit exactement le contraire : « avec en tête, désormais une seule question : miroir, ô miroir, dis-moi... qui est mon père ? »
Ce sont des exemples parmi d’autres…
Le résumé nous laisse attendre un récit qui flirte avec le fantastique. Je n’y vois que du psychodrame. On ne peut adhérer à un récit fantastique que si l’on y croit comme étant réel. Ici, l’auteur ne semble pas être elle-même persuadée de la véracité de ce qu’elle nous décrit. Ça reste donc du domaine de l’hallucination, de la schizophrénie. Promesse non tenue !
Dans la dernière partie, on sort carrément du roman, avec l’insertion de la vie de l’auteur dans le roman : May, le personnage, décide de mettre en ligne, sur un blog, ses désirs de création. Son premier projet est d’aider à l’orientation des jeunes musulmans en Suisse… Bonne idée, mais pourquoi en Suisse alors qu’elle (May) habite à Lyon, en France… Ah ! Oui ! Yano Las vit en Suisse… Je sais bien qu’il y a souvent une partie plus ou moins importante d’autobiographie dans un roman, mais il faut quand même garder une certaine cohérence.
Bon, je vais arrêter là la liste de ce qui ne va pas. Pour conclure, je dirais que si le thème abordé (croyance et condition féminine) mérite sans doute qu’on s’y intéresse, ce roman est très décevant à cause d’une écriture mal maîtrisée et brouillonne.
À lire, si vous vous intéressez au sujet, à fuir si vous êtes exigeant sur la qualité.
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