Élie et l'Apocalypse - Les 3 sages


Elen Brig Koridwen





4e de couverture :
Le plus célèbre livre de toute l’histoire, la Bible, renferme une erreur jamais divulguée. Elle est le seul indice d’un incroyable complot, la clé d’un secret scellé depuis la nuit des temps.
Alors que l’humanité court à sa perte, ce mystère sera-t-il enfin élucidé ?
Il peut changer la vie. Changer la mort. Sauver le monde.


Mon avis :
Avec plus de huit-cents pages, on peut dire que ce bouquin est un pavé, mais loin d’être indigeste, il se déguste avec gourmandise, voire un peu de goinfrerie tant on a hâte d’en connaître la fin. Une fin toute relative, puisqu’il s’agit du premier volume de la série Élie et l’Apocalypse, premier volume qui est présenté comme l’intégral des tomes 1 à 3… le sommaire découpant ce gros roman en 9 livres ! Bon, c’est un peu compliqué, tout ça, alors restons sur la première affirmation : Les 3 sages est le premier volume de la série Élie et l’Apocalypse.
Je vous rassure, le contenu du bouquin est beaucoup moins compliqué que sa description. On y trouve pourtant un nombre important de personnages, pas mal de néologismes inventés pour l’occasion, des références scientifiques, artistiques, religieuses, culturelles et autres à la pelle, mais tout cela s’agence de façon claire et n’entrave à aucun moment la lecture. Même les néologismes paraissent évidents, tellement que le lexique dont ils bénéficient en fin d’ouvrage est presque superflu.
Genre hybride, mélange de science-fiction (tendance anticipation), de fantastique (un poil d’Harry Potter), de thriller ésotérique (du Dan Brown, en moins lourd) et de fantasy (l’éternel combat du bien contre le mal), ce roman garde néanmoins une espèce de classicisme (peut-on parler de néo-classique ?) tant ses personnages nous semblent familiers. Et pour cause, ils s’inspirent pour beaucoup d’histoires et de légendes qui imprègnent notre culture collective. Ils sont tous très marqués, tant dans leur caractère que dans leur fonction, parfois à la limite de la caricature, mais cela correspond tout à fait aux codes des genres « fantastique » ou « fantasy ».
Justement, parlons de l’aspect « fantasy ». Ceux qui me suivent le savent, sorti de l’œuvre des grands maîtres, je ne suis pas fan du genre, trop souvent réduit aux mêmes vieilles ficelles (sorciers, chevaliers, trolls, dragons, etc.) et souffrant d’une écriture de niveau premier cycle. Bon, j’exagère, il y a aussi du bon, mais rares sont ceux qui se détachent du lot. Élie et l’Apocalypse (ou du moins son premier volume Les 3 sages, vu que c’est le seul que je connais) en fait partie, et ce, pour plusieurs raisons :
D’abord par la qualité de l’écriture. Elen Brig Koridwen serait capable de coucher sur le papier une formule mathématique en vous faisant croire qu’il s’agit de la conversation la plus ordinaire. Son texte, longuement travaillé, j’en suis sûr, apparaît à la lecture d’une évidence simplicité, qui allie la précision d’un stylo-pointe à la légèreté virevoltante du plume de poète. Ajoutons à cela humour et intelligence et vous aurez un aperçu de l’œuvre.
Ensuite, l’histoire… Si elle reprend les thèmes principaux du genre, à savoir la quête initiatique et le combat contre le mal, elle en change les postulats en les sortant des mondes imaginaires où l’on a l’habitude de les rencontrer, pour les projeter dans la réalité d’une société française (et internationale) d’un futur très (trop ?) proche. Notons aussi que les équivalents des Voldemort et autres Sauron deviennent des sectes extrémistes représentant les trois principales religions, et que tout ce qui fait débat aujourd’hui y est abordé, depuis l’écologie jusqu’à l’inquiétude suscitée par les nouvelles technologies.
Et pour finir, difficile de ne pas parler de l’érudition joyeuse qui sous-tend le récit, multipliant les références sans jamais gaver le lecteur.
Un léger bémol, tout de même : Les 3 sages semble avoir été écrit en feuilleton, leur réunion en un volume pâtit de cette forme. La densité du récit qui convient à une lecture fragmentée paraît ici parfois un peu trop diluée et certaines scènes mériteraient d’être « retaillées » un peu plus concises. « Bien dégagé derrière les oreilles ! » comme disait mon père lorsqu’il m’emmenait, enfant, chez le coiffeur.
Cela ne m’empêche pas de vous recommander fortement Élie et l’Apocalypse, ce petit défaut restant une estimation très personnelle et n’enlevant rien aux multiples qualités que je lui reconnais.
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