Le journal d'un fou


Nicolaï Gogol et JeF Pissard



4e de couverture :
Cette version séduit, car elle met en scène : un président, Carla, un chanteur, cette principauté du sud…
Voilà une manière très originale et amusante de nous faire découvrir (ou redécouvrir) cette nouvelle de Nicolaï Gogol écrivain russe du XIXème siècle. JeF Pissard revisite le fameux « Journal d’un fou » en le transposant dans l’univers politique et people du XXIème. Nous y croisons des dignitaires bien connus entraînés malgré eux dans l’histoire à la fois cocasse et tragique écrite par le personnage principal.
L’ajout de la véritable version écrite par Gogol est un plus appréciable.


Mon avis :
J’ignore si Le journal d’un fou, de Nicolaï Gogol, est encore étudié de nos jours en dehors d’un cursus littéraire… Pour ma part, je ne me souviens pas qu’il fut au programme durant ma scolarité, mais il est vrai que mes choix de lectures ont été plus souvent dictés par mes propres goûts plutôt que celui de mes professeurs. Et les écrivains russes m’ont toujours fait bâiller ! À part peut-être Tolstoï, quand il est joué. Tout ça pour dire que je n’avais jamais lu cette nouvelle pourtant fort connue de Gogol. JeF Pissard m’offre donc une bonne occasion de la découvrir, à la mode d’aujourd’hui. Et comme il a joint le texte original à sa publication, j’ai même pu combler cette lacune dans ma culture et apprécier le travail effectué.
Dans cette nouvelle, Nicolaï Gogol prend prétexte du délire d’un petit fonctionnaire psychologiquement fragile pour égratigner (très légèrement) la bureaucratie, mais ce n’est pas, et de loin, le texte le plus polémique qui est sorti de sa plume. Le propos général est plus axé sur la folie qui s’installe petit à petit chez son personnage. La version de JeF Pissard est à mon goût beaucoup plus amusante, parce qu’elle met en scène des « peoples » d’aujourd’hui bien connus, et par ce fait, apparaît un peu plus corrosive. Néanmoins, comme l’auteur s’est attaché à rester fidèle au texte d’origine, elle en garde les limites quant à la critique sociale. On peut cependant dire que l’exercice est réussi : Le journal d’un fou, version XXIème siècle, est tout à fait réjouissant à lire et il nous montre, au passage, à quel point, dans certaines sphères, les choses évoluent peu.
Enregistrer un commentaire