Le passager d'Istanbul


Joseph Kanon





4e de couverture :
Hiver 1945. La guerre touche à sa fin. Avant de rejoindre les États-Unis, Leon, espion occasionnel pour l’ambassade américaine, accepte une dernière mission : récupérer au port d’Istanbul un passager clandestin détenteur d’importants secrets russes et le conduire en lieu sûr. Sauf que le « colis » n’est pas un réfugié, mais un boucher nazi. Et que la livraison ne se passe pas du tout comme prévu…


L’auteur :
Joseph Kanon est un auteur américain né en 1946, en Pennsylvanie. Diplômé de l’Université Harvard, il devient journaliste et critique littéraire pour le Saturday Review, puis travaille ensuite pour la maison d’édition Houghton Mifflin Harcourt, d’abord comme rédacteur, puis directeur général et président. Il se lance dans l’écriture assez tard, puisque son premier roman, Los Alamos est publié en 1997. En 2001, il sort L’ami allemand, qui sera porté à l’écran sous le même nom par Steven Soderbergh, avec Georges Clooney et Cate Blanchett.
Le passager d’Istanbul est sorti en 2012 aux USA, en 2014 chez Seuil pour la version française.


Mon avis :
J’avais vu le film « L’ami allemand », il y a quelques années, mais je ne connaissais pas l’auteur du roman, Joseph Kanon. Une lacune aujourd’hui comblée. Je dis « lacune », parce que, après la lecture du Passager d’Istanbul, je me dis qu’il aurait été dommage de passer à côté. Je ne suis pas grand amateur de roman d’espionnage, j’en ai même lus assez peu, mais je dois dire que celui-ci m’a vraiment emballé.
Cette histoire nous plonge dans l’immédiat après-guerre et met en lumière cette période charnière, entre la fin des hostilités et l’instauration de la paix. C’est une époque rarement abordé dans la littérature, et le fait de situer l’action en Turquie, pays neutre, ajoute encore à l’intérêt. On y voit que neutralité n’est pas immobilisme, et que l’armistice n’est pas la paix.
Le choix du personnage central, également, apporte une touche très humaine à ce récit. Leon n’est pas un professionnel des services secrets. C’est un citoyen lambda, réformé de l’armée, qui accepte d’aider son pays en rendant de menus services à l’ambassade. Généralement du transport de courrier… Mais sa dernière mission va lui montrer que dans ce monde de l’espionnage, rien n’est gratuit et toute implication, même minime, se paie au prix fort.
Un style narratif prenant, une histoire au suspense maîtrisé, une promenade inoubliable dans Istanbul (tel que la ville se présentait dans les années quarante), un homme prit entre raison d’État et conscience personnelle… tels sont les ingrédients qui fond du Passager d’Istanbul un excellent livre qui va au-delà du roman d’espionnage et peut, par les thèmes abordés, toucher un large lectorat.
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